Astrophotographie – Comment photographier les étoiles ?

Sommaire de l'article

Introduction

astrophotographie

L’astrophotographie est l’art de prendre des clichés des astres stellaires. Je préfère vous rassurer dès cette introduction, ce n’est pas une méthode très complexe quand vous avez les bases de la photographie. Dans cet article, je vous explique les astuces et méthodes de cette pratique.

Un peu d’astronomie

Qu’est qu’une étoile ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, un petit rappel d’astronomie me semble inévitable. Une étoile est une immense sphère de gaz. La formation de celle-ci est due à l’effondrement d’un nuage de gaz et à sa fragmentation en plusieurs parties.

Qu’est ce que la voie lactée ?

Les étoiles sont regroupées au sein de galaxies. Une galaxie comme la nôtre, la Voie lactée, contient plusieurs centaines de milliards d’étoiles. Au sein des galaxies, les étoiles peuvent être liées dans des systèmes multiples (quelques étoiles) ou des amas (plusieurs dizaines à quelques centaines de milliers d’étoiles). Généralement, les photographes cherchent à immortaliser cette voie lactée. Elle donne un sentiment d’unité et de grandeur à l’univers.

Remarque : Je précise que je ne suis que photographe/vidéaste et non astrophysicien. Ces renseignements sont extraits de documents pour apporter de la théorie et de la profondeur au sujet.

Refermons ce petit chapitre d’astronomie pour nous concentrer sur le cœur du sujet: L’Astrophotographie.

La technique de l’astrophotographie

Comprendre la pause longue

L’astrophotographie repose entièrement sur la technique de la pause longue. La pause longue est une méthode de captation qui dure dans le temps. Je m’explique : d’habitude, vous vous servez du temps de pause de votre appareil pour conserver une image nette. Mais ici nous avons besoin de beaucoup de lumière, vraiment beaucoup de lumière ! Pour capter le plus de lumière, il faut que vous ouvriez le diaphragme de votre objectif au maximum. 

Cependant, même si votre objectif ouvre à F1.4, F1.2 ou même F0.8, cela ne suffira pas. Il faut donc jouer sur le temps de pause, c’est-à-dire le temps où votre capteur reste ouvert. Ce qui nous fera capter plus de lumière. Il est donc recommandé de varier entre un temps de pause entre 5 secondes et 1 minute.
Avec un temps de pause aussi grand, un trépied est vivement recommandé, mais j’y reviendrai plus en détails après.

Exemple: Un soir où le ciel est dégagé, sortez de chez vous et levez les yeux. Vous verrez des étoiles, mais très peu. Pour pouvoir en voir autant que dans une astrophoto, il faudrait pouvoir garder les yeux ouverts pendant 1 ou plusieurs minutes.

Remarque : La pause longue n’est pas uniquement dédiée à l’astrophoto. Elle est aussi très intéressante à utiliser en plein jour. Dans ce cas l’utilisation d’un filtre ND 1000 est obligatoire pour maîtriser l’exposition de la photo. Je vous mets quelques clichés à la suite. Ce sera certainement le sujet d’un autre article.

Les ISO

Attention, les iso sont un piège dans lequel il ne faut pas tomber. Quand on se lance dans la photo, on a tendance à penser que les iso sont LA solution à la faible luminosité. Nous avons tous pu voir des vidéos comparatives des différents niveaux d’ISO du Sony A7S III. Alors oui c’est impressionnant, mais attention très peu de boîtiers peuvent monter aussi haut dans les ISO sans bruiter leur image. Oui, les ISO sont un moyen de forcer sur l’exposition de votre photo. Mais je précise bien que le mot “forcer” n’est pas choisi au hasard. Faites extrêmement attention à ne pas trop augmenter la valeur des ISO, pour ne pas trop augmenter la quantité de bruit dans votre image.

J’insiste sur ce point, car c’est très compliqué de distinguer les étoiles d’un bruit sur la photo. Autre précision sur le bruit : vous ne pourrez pas le rattraper en post-production, car les logiciels de développement ne font pas bien la différence entre un fourmillement d’étoiles et le bruit de l’image.

Remarque : La valeur maximale “acceptable” du bruit dans vos images, dépend de votre boîtier. Un boitier plein format pourra monter plus haut en ISO qu’un boitier APS-C.

Savoir cadrer la voie lactée

Ça peut paraître idiot à dire mais c’est très compliqué de cadrer quelque chose qu’on ne peut pas voir. Je suppose que vous avez compris que vous devez vous munir d’un trépied orientable à 90°et pour la règle des tiers. En revanche, il va falloir se munir de patience. Essayer et voir en direct ce que ça donne, il n’y a pas d’autre solution. Mais il existe plusieurs applications qui peuvent vous venir en aide. Elles permettent de voir en temps réel, grâce à la position gps et l’accéléromètre de votre smartphone, où sont les astres les plus intéressants.

2 Applications incontournables et gratuites

Skyview (free)

C'est l'application basique parfaite pour débuter. Après avoir renseigné la ville la plus proche de vous, les constellations apparaissent en transparence sous forme de dessins.

Les +: Prise en main rapide et une icône de capture d’écran simplifie le partage sur les réseaux sociaux.

Le – : Disponible uniquement sur iPhone et iPad, et en anglais.

Star Chart (Carte du Ciel)

Avec plus de 120.000 étoiles et 88 constellations répertoriées, c’est l’une des applications gratuites la plus complète qui existe.

Le + : L’appli est très jolie; Elle est surtout disponible sur iOS et Android et propose même la langue française.

Le – : Comme pour les autres applications gratuites, il faudra payer pour accéder aux fonctions supplémentaires comme le contrôle du télescope.

Autre point très important: la localité. Si vous êtes adepte d’observation d’étoiles, vous aurez remarqué qu’il y a beaucoup moins d’étoiles en ville qu’à la campagne. Alors non, ce n’est pas parce qu’elles ne supportent pas le bruit des embouteillages ou les gens qui se crient dessus en permanence. Ce phénomène est l’impact de la pollution lumineuse sur notre environnement.
En effet, si vous tentez de faire de l’astrophoto en plein Paris, vous allez être surpris de ne capter sur votre image que la lumière des réverbères qui éclairent la ville. Il faut donc aller dans des endroits spécialement éloignés pour éviter cette position lumineuse.

Remarque : L’auvergne ou la Lozère c’est parfait par exemple. Je vous mets à disposition le lien vers un site qui vous donne des indices de pollution lumineuse. Généralement les endroits les moins denses, démographiquement parlant, sont les plus propices à l’astrophoto.

https://avex-asso.org/dossiers/pl/europe-2016/

Un dernier point et non des moindres: la longueur de votre focale. Je vous conseillerais de prendre un grand angle plutôt qu’un téléobjectif, afin de capter le plus d’étoiles possible et éviter qu’elles “filent”.

Photo d’étoiles qui filent

Pourquoi les étoiles “filent” me direz-vous ? Et bien c’est simple : la terre tourne sur elle-même, c’est-à-dire que c’est vous qui bougez et non les étoiles. De ce fait, accroître la focale de votre photo amplifie le phénomène.

Exemple : Si vous montez sur un skateboard avec votre appareil photo, vous prenez un cliché avec un temps de pause de 1 seconde. Une photo prise avec un 14mm sera moins flou qu’une photo prise avec un 200mm.

Remarque: Si vous souhaitez cadrer la lune ou un point précis dans l’espace, là je vous conseille un téléobjectif.

Le matériel nécessaire pour l’astrophotographie

Les boitiers et objectifs

A titre personnel j’utilise, depuis maintenant un petit moment, un sony A7III pour les vidéos. La capacité du plein format aide grandement à la quantité de lumière qui rentre dans le boîtier. Mais l’astrophoto est faisable avec n’importe quel appareil photo hybride, reflex ou bridge. A condition, qu’il dispose d’un objectif qui ouvre beaucoup et d’un mode manuel.

Car oui comme vous l’aurez compris, c’est l’objectif la clé de la réussite d’une bonne photo de nuit. Il faut un objectif qui ouvre très grand. Il vaut mieux choisir un objectif qui ouvre à F1.4 plutôt qu’un qui ouvre à F4.

Pour le boîtier j’ai tendance à conseiller Sony pour la faible luminosité, leur réputation dans ce domaine n’est plus à faire. Mais j’ai longtemps shooté avec un Canon 600D qui était extrêmement bon également.

Au niveau objectif tout dépendra de vos moyens. Si vous êtes passionné et que vous voulez y mettre le prix, vous pouvez opter pour une focale variable sony . Si vous avez un budget plus serré je vous conseille une focale fixe, grand angle, Sigma ou Samyang à ouverture manuelle et même l’auto-focus n’est pas indispensable pour faire de l’astrophoto.

Sony FE 24 mm f/1.4 GM

Samyang AF 14mm F2.8 Canon EF

Sigma Objectif 16 mm F1,4 DC DN

Le plus important

C’est bien beau d’avoir un appareil qui permet de voir en pleine nuit comme en plein jour, mais ça ne fait pas tout. Le plus important pour la photo de nuit c’est bien sûr le trépied. Vous avez besoin d’un trépied solide et rigide. Il ne faut aucun mouvement pendant la prise de vue.

Il faut également que la rotule du trépied puisse s’incliner à 90°, ce qui n’est pas le cas de tous.

Divers

Il est possible de faire de l’astrophotographie avec un smartphone, cependant je ne l’ai pas vérifié personnellement. Faites attention quand même, quoi qu’en dise les fabricants, un smartphone ne remplacera pas un appareil photo. Notamment sur la taille du capteur, qui reste petit sur un smartphone.

Le lien ci dessous vous explique et vous montre le mode Astrophotographie sur un Google Pixel 4.

https://www.lense.fr/news/google-explique-comment-fonctionne-le-mode-astrophotographie-des-pixel-4/

 

Il est également possible de shooter les étoiles avec une gopro ! Oui, oui vous avez bien lu, une gopro. Je n’ai encore une fois pas testé cette technique mais je mets le lien d’une vidéo assez étonnante.

Que ça soit avec un appareil photo, un smartphone ou une caméra d’action, le trépied est indispensable quand on désire faire de la pause longue.

Développement des photos

Je ne l’ai pas encore précisé mais il est recommandé de shooter en RAW. Afin de disposer d’une plage dynamique suffisamment grande pour faire ressortir les détails. Pour l’étalonnage, cela va dépendre de vos envies. Pour faire ressortir le plus d’étoiles possible, il faudra faire ressortir les tons sombres et les tons clairs. Tout en diminuant les blancs pour éviter la surexposition des points lumineux. Je vous conseille de ne pas trop saturer votre image, afin de ne pas avoir un rendu digne d’un film de Michael Bay. Mais chacun ses goûts et dans le cadre du développement vous êtes libre de faire ce que bon vous semble.

Rappel points importants

Conclusion

L’astrophotographie est un thème de photo extrêmement intéressant. Si vous êtes passionné de photographie, c’est une technique que vous devez expérimenter. Personnellement, habitant à la campagne il y a quelques années j’ai pu m’y essayer avec le Canon 600D et je continue toujours de temps à autre à essayer de me rendre dans des endroits appropriés pour continuer à m’exercer. Je ne suis pas un expert de cette pratique, je voulais vous partager mon intérêt pour l’astrophotographie. La dimension infinie de la voie lactée et de l’univers en lui-même me fascine. Je finirai simplement par ce petit night lapse réalisé lors de mon voyage en Islande (un des pays les plus propices à l’astrophotographie). J’ai pas eu de chance il y avait des nuages…

Merci d’avoir lu cet article. N’hésitez pas à partager mon travail sur vos réseaux et me laisser votre avis en commentaire. Vous pouvez également naviguer sur le site pour voir plus de projets. Merci beaucoup pour votre soutien et à très vite.

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